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Légendes historiques
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baloo
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Masculin Cancer (21juin-23juil) 鼠 Rat

MessagePosté le: Mar 1 Nov - 16:00 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Saint Georges et le Dragon :


La Légende :

Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène (Silcha).
Or, dans un étang voisin de la ville vivait un dragon redoutable qui, maintes fois,
avait mis en déroute les armées envoyées contre lui.
Parfois, il s'approchait des murs de la ville et empoisonnait de son souffle tous
ceux qui se trouvaient à sa portée.
Afin d'apaiser la fureur du monstre et l'empêcher d'anéantir la ville entière,
les habitants convinrent de lui offrir chaque jour deux brebis.
Bientôt, les brebis vinrent à manquer et les habitants durent se contraindre à
les remplacer par des jeunes gens tirés au sort.
Aucune famille ne fut exemptée du tirage et le jour de l'arrivée de saint Georges,
le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.
Georges arrive ce jour où, la jeune princesse attachée à un rocher près de l'étang,
va être victime du dragon.

Monté sur son destrier, il brandit bien haut son étendard et se jette bravement
sur le monstre avec une fougue telle qu'il le renverse au sol.
Il dit alors à la princesse:
"Mon enfant, ne crains plus et place ta ceinture autour du col de ce monstre!"
La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un
petit chien qu'on mènerait en laisse.

La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville et y fut décapitée.


( Cette légende fut recueilli et adaptée pour l'Occident chrétien en 1265-66.
par Jacques de Voragine dans La Légende dorée. )



   
     
  

   
   
L'histoire :

Né en Cappadoce de parents chrétiens, St-Georges fut officier dans l'armée romaine.
Victime des persécutions antichrétiennes de l'empereur Dioclétien (A.D.303),
il fut livré dans la ville de Lydda (Lod en Israël) à de nombreux supplices
(brûlé, ébouillanté, broyé sous une roue, etc.) auquel il survécut miraculeusement
avant d'être décapité.
Les actes de ce martyre ont été rédigés au VIe s. par Pasicrates.
Le culte et la légende qui entourent Saint Georges prennent naissance au moyen orient
et se propagent en Grèce, en Russie et dans toute l'Europe avec les croisades.
On raconte parmi ceux-ci que leur victoire sur les Sarrasins à Antioche en 1098
serait due à l'apparition du saint qui seraient venus les encourager dans leur combat.
Georges devint un des saints patrons de Gênes, Venise et Barcelone,
puis celui de l'ordre Teutonique.
En outre, saint Georges est, dans toute la chrétienté, le patron des chevaliers.

L'Encylopaedia Brittanica nous informe que saint Georges est vénéré en Angleterre
depuis le VIIIe s.
Sa popularité fut telle qu'on lui attribua la nationalité anglaise et on fit de lui le saint patron
de toute l'Angleterre, remplaçant ainsi Edouard le Confesseur dans le cœur des Anglais.

Complément :

Personnifiant l'idéal chevaleresque, saint Georges est habituellement représenté à cheval
(souvent sur un cheval blanc), en armure, portant un écu et
une bannière d'argent à la croix de gueules.
Cette bannière blanche à croix rouge , qui fut celle des croisés est à la base
du drapeau actuel de la Grande Bretagne, l'Union Jack.

Le combat de Georges contre le dragon a donné lieu à une iconographie importante
surtout à partir du XIIIe siècle.
il symbolise la victoire de la Foi sur le Mal.
Georges tient une lance (plus rarement une épée) et terrasse le monstre,
tandis que la princesse prie, au second plan.
La scène se passe à l'abri des murs d'une ville, parfois au bord de la mer.










______________

Il n'y a pas besoin d'être une lumière pour savoir qu'il fait noir. Ph. Geluck


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MessagePosté le: Mar 1 Nov - 16:00 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 3 Nov - 18:52 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Saint Michel et le Dragon

La légende :

L'histoire du Mont Saint-Michel commence par une légende :
Saint-Michel fut un jour appelé à se battre contre le démon qui, pour livrer combat,
s'était transformé en un dragon redoutable.
La bataille, commença sur le mont Dol en Bretagne.
Satan, assisté par ses hordes maléfiques, se battit farouchement.
Le combat à l'issue incertaine se poursuivit dans le ciel pendant plusieurs jours avant
que le dénouement ne se produise à des lieux de là sur le mont Tombe, (Mont Saint-Michel).



Aubert, évêque d'Avranches, qui est témoin du combat;
reçoit en songe l'ordre de saint-Michel de lui construire un lieu de dévotion à l'endroit
où il a vaincu le Malin.
Le pauvre évêque craignant la folie n'ose rien faire et décide d'attendre.
L'archange se manifeste une seconde fois mais Aubert doute encore.
À la troisième manifestation, Aubert ne peux plus douter.
Saint-Michel, furieux, laisse dans son crâne une preuve indéniable : un trou circulaire.
Mais l'évêque ne doit pas trop en souffrir car il ne mourra que des années plus tard.

Aujourd'hui son crâne est conservé dans la basilique d'Avranches.

 
 
 
L'histoire :

La légende du crâne est-elle vrai ou fausse ? Nul ne le sait.
Quoi qu'il en soit, l'histoire révèle qu'effectivement, en 708,
Aubert fit construire un petit oratoire en forme de grotte pouvant contenir
une centaine de personnes et que cette construction marque le début
de ce qui sera le Mont Saint-Michel.



Saint Michel est dans toute la chrétienté l'archange guerrier
qui soumet les révoltés contre Dieu.
Chef de la milice céleste, il est le défenseur de l'Eglise.
C'est lui qui combat contre les anges rebelles et contre le
Dragon de l'Apocalypse.

Une partie de la légende de la fondation du Mont Saint-Michel est
une transposition directe des textes bibliques.


Dans l'Apocalypse (XII, 7-9) Saint Jean nous dit en effet :
"Et il y eut une guerre dans le ciel :
Michel et ses anges combattirent contre le dragon.
Et le dragon et ses anges combattirent,
Mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut pas trouvée dans le ciel.
Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan,
Celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre,
Et ses anges furent précipités avec lui."

Le culte de Saint-Michel se développe d'abord en Orient.
Il apparaît tôt à Byzance et à Alexandrie.
En Occident, il se développe à partir des Ve et VIe siècles,
d'abord en Italie et en France, ensuite en Allemagne avant de se répandre
dans tout le monde chrétien.

 
 
 
Complément :

Saint-Michel est très souvent représenté en chevalier et armure, armé d'une lance
(parfois d'une épée de feu) et d'un bouclier orné d'une croix.
Protecteur céleste, il terrasse le Démon (représenté habituellement sous forme de Dragon).
Il est généralement à pied tandis que saint Georges combat le Dragon à cheval,
ce qui permet de les distinguer.

Mais surtout, saint Michel est ailé tandis que Georges ne l'est pas.


Saint Michel est invoqué en Occident surtout pour l'obtention de victoires militaires.
Au Moyen Age, l'archange est également représenté pesant les âmes des morts
car on le croyait capable de sauver les âmes de l'enfer.




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MessagePosté le: Jeu 3 Nov - 22:04 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Très intéressant ce topic sur les légendes historiques Baloo, j'aime beaucoup

     

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Agis avec gentillesse mais n'attends pas de reconnaissance
Confucius


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MessagePosté le: Ven 4 Nov - 09:58 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Intéressant, mais il n'y aura pas beaucoup de pages à moins de trouver un autre site
qui traite du même sujet.

                
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MessagePosté le: Ven 4 Nov - 10:06 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

  
Sainte Marthe et la Tarasque

 
  
La légende  :
 
  
Il y a très longtemps, à l'endroit où s'éleva plus tard le château du roi René,
se dressait un rocher dont les pentes plongeaient dans les eaux profondes du Rhône.
À quelques pieds en dessous de la surface, béait un large trou.
Et, dans ce trou, se tapissait un monstre aussi laid que cruel que les habitants
de ce lieu redoutaient plus que tout.
Bien peu de gens pouvaient décrire la hideuse bête avec précision,
car ceux qui, par malheur s'étaient trouvés en sa présence,
n'avaient rencontré que la mort.
L'horrible créature pouvait donc à loisir sortir de son repaire aquatique,
grimper sur les berges du fleuve et parcourir la région, décimant tout sur son passage:
ânes et chevaux, enfants et agneaux, vieilles personnes et jeunes filles..

Un jour pourtant, douze braves garçons décidèrent de mettre fin à ses méfaits.
Dès l'aube, ils firent le guet devant la pierre, armés de frondes et de gourdins.
Ils y restèrent jusqu'à la tombée de la nuit mais durent se rendre à l'évidence :
le monstre était déjà parti avant même leur arrivée.
Sur une plage de galets, ils aperçurent alors les traces de ses pas énormes qui
les menèrent à l'entrée de gorges sauvages où s'engouffrait le Rhône.
Cet étroit défilé avait pour nom Tarusco.
Les pas géants suivaient le cours du fleuve puis bifurquaient à l'intérieur des terres...
C'est ainsi que les jeunes gens arrivèrent au cœur d'une épaisse forêt.
Là, ils entendirent des mugissements et des rugissements.
En approchant, tapis derrière un tronc d'arbre, ils aperçurent un dragon qui dévorait un bœuf.

- La victime provient du troupeau de mon père s'exclama l'un des garçons.
- Tais-toi protesta un autre.

Trop tard ! Le monstre avait repéré les intrus et se précipitait déjà vers eux,
la gueule béant sur des dents carnassières aussi aiguës que
des épées et des poignards ensanglantés.
Deux des jeunes gens furent déchiquetés par des pattes énormes armées de griffes d'ours
tandis que les autres pattes labouraient le sol d'un piaffement rageur grinçant et
crissant sur les pierres.
Deux autres garçons, après avoir été à demi asphyxiés par un souffle aussi violent
qu'une tornade et aussi pestilentiel que les vapeurs d'un gouffre empli de cadavres,
eurent le crâne fracassé par une lourde queue aux écailles de serpent.
Deux autres encore valsèrent en morceaux, coupés net par un dos aux crêtes tranchantes
comme des haches.
Les six survivants s'enfuirent, pendant que le dragon dévorait ses premières victimes.
Arrivant à la ville, essoufflés, fous de terreur, ils racontèrent ce qu'ils avaient vu.
Et plus personne n'osa affronter la bête que l'on appela désormais la Tarasque.
Elle poursuivit ses méfaits, de temps à autre, au bord du fleuve, dans les îles,
les bois et les marécages.
Un jour, une jeune femme, tout de blanc vêtue, arriva devant une cabane de pêcheurs.
La famille en pleurs y veillait les restes de l'un des garçons que le monstre avait en partie dévoré.

- Pourquoi vous lamentez-vous, braves gens ? demanda-t-elle, émue par ce chagrin.
- Nous pleurons notre fils que la Tarasque a massacré.
- Et qui est donc cette Tarasque ?
- Un dragon qui se cache dans un trou, sous les eaux du Rhône.
  Personne n'a jamais réussi à l'en déloger.
- J'irai demain, répondit la jeune femme.
- Elle ne fera de toi qu'une bouchée.
- C'est ce que nous verrons, répliqua la blanche demoiselle.
- Voulez-vous me prêter un lit de paille et me donner quelque nourriture ?
  En échange, demain, j'irai laver tout votre linge dans le fleuve.

Au matin, elle se rendit au pied du rocher, portant les vêtements et
elle se mit à les battre et à les tordre dans les eaux.
À ce moment, les eaux commencèrent à bouillonner, la berge à trembler,
le vent à siffler dans les roseaux... Une odeur pestilentielle s'éleva dans les airs.
Une tête hideuse se dressa au-dessus des flots qui déferlèrent sur la tunique blanche
de la jeune femme.

Une voix tonitruante gronda :

- Qui es-tu effrontée ?
- Je m'appelle Marthe et je viens du pays de Judée, au-delà des mers.
- Tu n'as pas peur de moi ?
- Pourquoi aurais-je peur ? Qui es-tu donc toi-même ?
- On me nomme la Tarasque.
  Je suis si laide que les yeux qui me voient ne peuvent me supporter.
  Mon haleine est si putride que les gens près de moi n'osent plus respirer...
- Mes yeux te voient et n'en sont point aveugles.
  Mon nez respire et n'en est pas incommodé... répliqua l'étrangère,
  en continuant tranquillement à laver son linge.




La Tarasque se rapprocha et les pêcheurs, tapis dans les feuillages,
regrettèrent amèrement de ne pas avoir empêché la voyageuse de s'aventurer jusque-là.
Le dragon s'approcha, menaçant et boueux.
Son corps couvert d'écailles, ruisselant d'herbes visqueuses se dressa devant
la frêle lavandière qui, sans se départir de son calme, jeta vers lui un regard
limpide et quelques gouttes d'eau en disant :

- Attention ! Tu vas salir mon linge...

Alors, la bête s'immobilisa, comme figée par ces paroles et par ces éclaboussures.
Un instant, elle demeura pétrifiée.

Puis, Marthe ajouta d'une voix radoucie :
- Pauvre bête ! Il semble que personne ne prenne soin de toi.
Viens t'asseoir près de moi et conte-moi tes peines...
Moi aussi j'ai vécu des moments difficiles, dans mon pays et sur la mer
où je me suis enfuie avec quelques-uns des miens...

Alors, le monstre parut retrouver vie.
De ses yeux rouges coulèrent quelques larmes.
Il s'approcha et s'installa sur une plage de graviers en demandant :

- Dis-moi ce qui t'est arrivé au-delà des mers.

Et Marthe commença à parler.
Elle parla de son pays et de ceux qu'elle y avait rencontrés.
Elle parla de son voyage et de son arrivée sur une plage de sable fin
où l'avait accueillie une Gitane noire...
Elle parla d'amour et d'espérance.
Elle en parla si bien que la bête, apprivoisée, s'endormit auprès d'elle.
 
Les pêcheurs, enthousiasmés par ce prodige,
s'en furent prévenir les autres gens de la région qui affluèrent au bord du fleuve.
Ils y trouvèrent la jeune femme lavant la boue qui salissait les écailles du monstre
et demeurèrent un instant stupéfaits, incapables de bouger
ni de prononcer un mot.
Lorsque Marthe détacha sa ceinture et l'accrocha au cou de l'animal pour l'emmener
avec elle, ils se précipitèrent avec des haches, des pieux et des lances...

- Non ! Je vous en prie... Elle n'est plus méchante... protesta la lavandière.

Mais ceux qui avaient perdu leur frère, leur fils ne l'entendaient pas ainsi.
Ils tombèrent sur le monstre et le transpercèrent de leurs armes, faisant gicler
autant de sang que la Tarasque en avait fait couler.
Avant de rendre le dernier soupir, la bête lança vers Marthe un regard plein de reconnaissance :

- Avec toi, pour la première fois, j'ai senti mon cœur se vider de sa haine,
mon souffle devenir pur, mes yeux devenir tendres...
Un instant, j'ai même cru que je pouvais devenir belle !

Puis elle expira.

On traîna son corps immense sur une place de la ville où on le laissa exposé
au soleil tandis que Marthe était portée en triomphe et sacrée patronne de la ville.
La carcasse du monstre se dessécha, des hommes se glissèrent à l'intérieur et
l'animèrent d'une seconde vie, faisant bouger sa tête, fouettant l'air de sa queue
et crachant le feu par ses naseaux tandis qu'autour, la foule en liesse chantait dans
un refrain qui, de bouche en bouche, se mit à serpenter les rues :

- La gadeù, Lagadigadeù, la trascou !
- La gadeù, Lagadigadeù, lou casteù !

Virevoltant sur les pavés, l'animal fut conduit jusqu'à un antre obscur où on
l'emprisonna.
Des chevaliers, portant piques et drapeaux, prirent la tête d'un cortège de paysans,
de vignerons, de mariniers, de pêcheurs et de bergers qui se mirent à faire des farces,
à rire, à se lancer de l'eau...

Et il en fut ainsi d'année en année, jusqu'à ce que le roi René réglementât les
réjouissances que le souvenir du dragon, vaincu par une jeune fille,
provoquaient dans sa belle ville.
Alors du haut de son château, élevant ses créneaux sur la rive du Rhône,
à l'endroit même où vivait jadis le monstre, le souverain pouvait fredonner avec ses sujets
en délire, dont les pourpoints et les jupons tourbillonnaient au pied des remparts :

- La gadeù, Lagadigadeù, la tarascou !
- La gadeù, Lagadigadeù, lou casteù !




L'histoire :

La Tarasque est un monstre amphibie dont l'aspect est décrit en détail dans
"La légende dorée" de Jacques de Voragine.

"Il y avait à cette époque [...] un dragon moitié animal-moitié poisson,
plus épais qu'un bœuf, plus long qu'un cheval avec des dents semblables à
des épées et grosses comme des cornes, qui était armé de chaque côté de deux boucliers."

Dans l'iconographie chrétienne, la Tarasque est plutôt représentée comme un monstre
à tête de lion dont le dos est couvert d'épines possédant six pattes
avec des griffes et une queue de serpent.





Toujours d'après de Voragine:
[Le monstre] était venu par mer de la Galatie d'Asie; [il] avait été engendré par Léviathan,
serpent très féroce qui vit dans l'eau, et d'un animal nommé Onachum, qui naît dans la Galatie.
La Tarasque répandait la terreur autour de Tarascon.
Hantant le Rhône, la bête perturbait la navigation et se plaisait à faire chavirer les navires.
Lors de ses incursions sur les rives du fleuve, au temps où la forêt était encore
dense, elle dévorait moutons, enfants et bergers.

C'est à Sainte-Marthe que revient l'honneur d'avoir dompté la Tarasque.
L'Ordre des Chevaliers de la Tarasque, constitué en 1474 par le roi René,
est à l'origine d'une procession au cours de laquelle on promène de par la ville,
une effigie en carton de la Tarasque.
Elle est portée par seize chevaliers de l'Ordre dont huit se trouvent dans le corps de la bête,
prêtant vie au monstre et symbolisant les victimes qu'elle a avalées.
Les autres chevaliers représentent les fondateurs de la ville.


  

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MessagePosté le: Sam 5 Nov - 11:39 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Lady Godiva     
     
La Légende  :
    
     
Au début de l'an 1000, les habitants de la ville de Coventry en Angleterre
menaient une existence difficile, étant écrasé sous le poids des impôts que
prélevait le Comte Léofric de Chester pour financer ses campagnes militaires.
Sa jeune épouse Lady Godiva (Godwa ou Godgifu en saxon) eut pitié de ces gens
et implora Léofric de diminuer le taux de taxation.
Il accepta à la condition qu'elle traverse nue la place du marché de Coventry,
ce qu'elle fit à cheval, sa longue chevelure dissimulant son corps
Un embellissement plus tardif de la légende raconte que Godiva demanda à tous
les habitants de rester chez eux, volets fermés.
Et que seul un tailleur appelé Peeping Tom osa regarder la scène par la fente d'un volet.
Mal lui en prit, car il perdit aussitôt la vue.

La légende de Lady Godiva nous est parvenu principalement par la chronique
de Roger of Wendover (Flores Historium -1230).




 
 
    
L'Histoire :

Lady Godiva (d. c. 1010 - 1067) était une Saxonne de sang noble.
Épouse de Léoric, compte de Chester (d.1057), la comtesse était une
pieuse bienfaitrice qui par des dons de son époux et d'elle même fit édifier
deux monastères: un à Coventry et un second à Stow.
L'histoire ne nous révèle pas si la légende de la cavalière vêtue
que de sa longue chevelure est vrai ou non.


 
 
    
Complément :

Quoi qu'il en soit, la légende de Lady Godiva donne lieu chaque année
depuis 1678 à un festival annuel au cours duquel une jeune femme personnifiant
la jeune comtesse parcoure sur un cheval blanc les rues de la ville de Coventry.




Une statue représentant Lady Godiva à également été élevée près de la place du
marché de Coventry afin de rappeler l'événement.


     

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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 17:55 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Mélusine :

La Légende :

L'origine de Mélusine est royale.
En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père Elinas,
le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage,
de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait.
Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit.
Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, Mélusine, Mélior, et
Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon).

Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées,
décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne
magique de Northumberland.

Cela parut trop sévère à Présine qui jeta un sort sur ses filles.

Elle dit à Mélusine : " Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps.
Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et
promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie.
Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner
au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan.
Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier aucours de laquelle il a tué par
accident son oncle Aimeri, comte de Poitiers tombe amoureux de Mélusine
et la demande en mariage.

Grâce à ses pouvoirs, Mélusine réussit à faire innocenter Raymondin.

La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute
sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi.

En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse
et longue descendance.




Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction
de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes
qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan.
Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses
(Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine,
surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort,
et même la ville de Lusignan.
Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin
transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer
qui gardait le chambre de sa femme.
Et voici ce qu'il vit:



"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme
jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue
d'une serpente, grosse comme une quaque à hareng, et moult longuement débattait
sa queue en l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre"

Mélusine trahie s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit
sous forme humaine.




Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours,
à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître,
et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.

 
L'Histoire :

Le chroniqueur Jean d'Arras rédige en1392 l'histoire de Mélusine
pour Jean de Berry, récent acquéreur du château des Lusignan,
qui désirait donner à sa famille des origines mythiques prestigieuses à
l'image des héros grecs ou latins qui tous descendent d'un dieu ou d'une déesse.
Par un jeu de mots, Jean d'Arras fait de Mélusine la mère Lusigne,
la noble dame dont serait donc issu le lignage des Lusignan en Poitou.
C'est là une manière adroite de flatter le seigneur qui le fait vivre :
les trouvères du nord de la France comme les troubadours du Sud dépendent,
en effet, étroitement des grands seigneurs dont ils célèbrent les exploits.

A l'origine, Mélusine était probablement la représentation de la déesse gauloise Lucine
qui présidait aux accouchements.
Comme d'autres légendes, elle a été reprise par la tradition chrétienne.

 
Les dix enfants de Mélusine
Mélusine donna dix fils à Raymondin.

Mais le comte, quoique très fier d'avoir tant d'enfants,
n'était pas toujours très a l'aise en les regardant.
  •            le premier, Urian - qui devint roi de Chypre - était "en tout point bien formé,
  • sauf qu'il avait un visage court et tout en largeur, un œil rouge et l'autre pers [bleu et vert],
  • et les plus grandes oreilles qu'on ait jamais vues à un enfant;
  •            le deuxième, Eudes, avait une oreille incontestablement plus grande que l'autre";
  •            le troisième, Guion, avait "un oeil plus haut que l'autre";
  •            le quatrième Antoine, beau et bien fait comme ses frères, sauf qu'il portait
  • "sur la joue une patte de lion, et avant qu'il ait huit ans, elle devint velue,
  • avec des griffes tranchantes"
  •            le cinquième, Renaud, n'avait qu'un œil, mais remarquablement perçant;
  •            le sixième, Geoffroy, avait une canine de 3 cm qui lui sortait de la bouche;
  •            le septième, Fromont, - qui devint moine à Maillezais - avait une tache velue sur le nez;
  •            le huitième, Horrible, incroyablement grand, avait trois yeux,
  • et il était si féroce qu'avant 4 ans il avait tué 2 de ses nourrices".
  •            le neuvième, Thierry, était normal;
  •            le dixième, Raymonnet, était normal aussi

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MessagePosté le: Lun 7 Nov - 10:36 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant


Guillaume Tell:


La légende :

Au XIVe siècle, la Suisse dépendait encore du Saint Empire romain germanique.
Ce dernier dépêchait des baillis (des sortes de gouverneur) dans les cantons suisses
pour représenter l'autorité autrichienne des Habsbourgs.
A Uri, le bailli se nommait Herman Gessler et n'était pas connu
pour sa grande mansuétude et sa compréhension.

Sur la place publique d'Altdorf il fit hisser son chapeau au bout d'une perche
et exigea de chacun qu'il salue le couvre-chef à chaque fois qu'il passa.
Personne n'osa braver l'ordre du bailli, sauf Guillaume Tell.

Il fut arrêté et conduit devant Gessler.
Ce dernier décida de ne pas le mettre en prison mais ordonna que Guillaume
place son fils au pied d’un arbre, une pomme sur la tête, fit reculer le père de
100 pas et lui demanda de prouver qu’il était bien le meilleur arbalétrier du
canton en transperçant la pomme.




Dans un premier temps Guillaume refusa de s’exécuter mais fut
finalement contraint d’obéir.
Guillaume tira et transperça la pomme, mais il avait en réserve
un second trait, qu’il avait réservé à Gessler au cas où son fils fut tué.
Lorsque Gessler entendit de la bouche de Guillaume à quoi aurait servi
la seconde flèche, il se mit dans une grande colère et ordonna que père et fils soient
enchaînés et jetés dans une barque afin de traverser le lac de Lucerne pour
les enfermer dans la forteresse de Küssnach.


Mais durant la traversée un orage éclata, il était si violent que Gessler ordonna
qu’on détacha Guillaume pour qu’il aide à manœuvrer la barque et lui promit,
s’il les faisait arriver à bon port, de les libérer, lui et son fils.
Guillaume réussit à faire accoster la barque, mais prit son fils et sauta sur le rivage
en repoussant la barque à l’eau.




Aujourd’hui encore ce lieu est nommé le « saut de Tell ».



Un peu plus tard Tell tendit une embuscade au bailli Gessler sur la route de
Küssnach et le tua d'un trait au coeur.




Pour plusieurs, cet acte mena au pacte de confédération suisse de 1291.

 
 
 
L'Histoire :

Guillaume Tell est un personnage tout à fait imaginaire.
Pendant plusieurs siècles on ne pensa même pas à mettre en doute
son existence et celle de son aventure.

La première version écrite de la saga de Tell apparut dans une ballade
du XVe siècle qui servit de trame à la célèbre pièce de théâtre Wilhelm Tell (1804)
de Friedrich von Schiller et à l'opéra Guillaume Tell (1829) de Gioacchino Rossini.
Mais bientôt certains historiens arrivèrent à la conclusion que rien dans
«l’épopée tellienne» n’était vrai.
En fait, la légende de Guillaume Tell est née au Danemark.

Dans une chronique, écrite au XIIe siècle par un moine du nom de Saxo
Grammaticus, intitulée Gesta Danorum (la Geste des Danois),
l’on découvre l’aventure de l’arbalétrier Tolke qui fut mit dans la position
désagréable de devoir transpercer une pomme placée sur la tête de son fils,
il réussit mais avait deux autres flèches qu’il disait avoir réservées pour le roi
si son fils avait été tué.
Mais il existe encore une version plus ancienne, c’est le spécialiste du folklore scandinave,
Léon Pineau, qui l'a découverte dans une chanson des îles Féroé
(dans celle-ci l’archer devait transpercer une noix sur la tête de son frère).

Pourquoi cette transposition du folklore scandinave en Suisse ?
D’après certains historiens, des populations vikings de l’île de Gotland
s’installèrent dans le pays qui allait devenir la Suisse, avec eux ils emportaient
leurs légendes, dont celle de Guillaume Tell l'habile arbalétrier.
Depuis 1901, la légende de Guillaume Tell n’est plus présentée comme
véridique dans les manuels d’histoire suisse.

Toutefois.... bien que le bailli Gessler n'ait jamais existé, l'histoire révèle qu'en 1291
un bailli appartenant à la famille des Habsbourgs a été tué par un paysan d'Uri,
que des châteaux ont été incendiés et que Rodolphe de Habsbourg a dû promettre
aux hommes des vallées qu'il ne les ferait plus juger par ses baillis.
Qui était ce paysan ?

 
 
 
Complément :

En 1860, la ville d'Altdorf, lieu de l'exploit de Tell reçut un superbe monument en plâtre.
Cependant, cette statue supportait mal les hivers rigoureux.
Pour y remédier, en 1888, la Société uranaise d'intérêt général d'Altdorf se
propose de la remplacer par un nouveau monument à la gloire de Tell.
En 1891, elle lance donc un concours dont le règlement précise que Guillaume Tell
doit être représenté comme:


«un homme fier de sa liberté, courageux et déterminé, vêtu d'un costume
paysan traditionnel de son époque.»


Le projet de Richard Kissling sera choisi parmi trente autres.
Le monument qui représentera la fierté suisse sera inauguré les 27 et 28 aout 1897.



L'épisode où Tell par son adresse atteint la pomme sur la tête de son fils deviendra
dans l'imaginaire celle la plus représentée de l'histoire du héros
.

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MessagePosté le: Mer 9 Nov - 09:49 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

  
  
Berthe au grand pied :

Le conte (Franc) :

Lorsque Pépin le Bref décida de se marier, ses conseillers partirent en quête
d'une fiancée de bonne noblesse dans divers pays.
Mais le roi ne parvenait pas à faire son choix.
Jusqu'à ce qu'un trouvère qui avait parcouru une bonne partie du monde vînt lui chanter la beauté de Berthe,
fille du roi de Hongrie, aussi intelligente que fine et sage.
Elle n'avait qu'un seul défaut : l'un de ses pieds était trop grand.

«Les pieds restent cachés sous les jupes», se dit le roi. «Qu'on amène donc Berthe à Paris! »

Pépin fit alors charger trente chevaux d'or et d'argent, équipa une douzaine de chevaliers le plus
richement du monde, et la troupe prit le chemin de la Hongrie.
La belle Berthe n'était pas joyeuse après avoir donné son consentement,
quand il lui fallut quitter son pays natal et sa famille.
Mais ses parents lui dirent pour la réconforter.

«C'est dans la douce France que tu t'en vas, ma chérie! Où trouverais-tu plus beau pays au monde?
Nous ne t'oublierons pas, sois-en sûre! »

Et Berthe s'en alla donc vers la France.




En route, son cortège fit une halte chez le duc de Mayence, qui s'étonna fort en voyant la princesse Berthe.
Ce duc avait une fille, Alista, qui ressemblait à Berthe comme une soeur.
Sauf les pieds, qu'elle avait justement très petits, comme des pieds de fillette.
Il ne fut donc pas étonnant que les deux demoiselles se prissent vite d'amitié l'une pour l'autre.
Berthe était si enchantée de sa nouvelle amie qu'elle proposa d'en faire sa suivante,
et de l'emmener avec elle en France.

Lorsque tout le monde arriva à Paris, la princesse hongroise était si lasse de son long voyage
qu'elle fit cette proposition à sa nouvelle amie

«Chère Alista, je t'en prie, remplace-moi ce soir.
Que l'on te présente au roi à ma place.
Cela ne durera pas longtemps, et de toute façon les gens n'y verront rien.
Nous nous ressemblons tellement! »

Alista accepta très volontiers : elle se revêtit de l'une des plus belles robes de la princesse hongroise
et se rendit à la salle de réception pour la cérémonie de la présentation.
Seulement, cela lui plut très fort de se trouver ainsi auprès du roi!
Alors elle décida de remplacer sa maîtresse pour toujours.

 
Alista paya - très cher - deux serviteurs, qui enlevèrent Berthe
et l'emmenèrent en secret dans la forêt la plus profonde.
Là, ils avaient ordre de la tuer.
Mais ils n'en eurent pas le cœur, ils hésitèrent devant tant de beauté.
Ils l'abandonnèrent donc à son sort, et s'en retournèrent à Paris.
La pauvre Berthe erra longtemps dans la forêt obscure, elle se déchirait les jambes
dans les fourrés épineux, dormait à même le sol nu et se nourrissait de fraises et de framboises.
Jusqu'à ce qu'un jour, elle débouchât en une prairie où elle vit une petite chaumière.
C'était là que vivait le charbonnier Simon, avec sa femme et ses deux filles.
Berthe vécut neuf ans et demi dans la cabane du charbonnier, et jamais elle ne trahit sa véritable identité.




La reine de Hongrie Blanchefleur n'oubliait pas sa fille.
Dès qu'elle en avait l'occasion, elle envoyait des messages en terre de France, et était fortement inquiète
de ne recevoir de sa fille que de très brèves informations.
On peut comprendre qu'Alista n'adressait à la cour de Hongrie que des mots très prudents.
Aussi, quand la reine de Hongrie invita sa fille à venir la voir en son pays,
Alista lui répondit qu'elle ne pouvait faire le voyage, étant malade.
Cela décida la reine de Hongrie

«Je vais aller voir Berthe en France! »
Ce fut en vain que le roi son époux tenta de la dissuader d'entreprendre un si long et si pénible voyage.
«Si Berthe a supporté ce voyage, je le supporterai bien aussi, moi!»
déclara-t-elle. Et elle se mit en route.
En apprenant cela, Alista eut grand-peur.
Elle se mit vite au lit, en se déclarant malade.
Ce fut ainsi que la reine de Hongrie trouva celle qu'elle croyait être sa fille,
au lit dans une chambre obscure, aux rideaux tirés.

La reine se jeta sur la fausse Berthe dans son lit, et se mit à caresser sa fille comme un bébé.
Ce fut alors qu'elle remarqua que celle qui était dans le lit avait bien le même visage que Berthe,
mais avait des petits pieds : tous deux semblables.

«Tu n'es pas ma fille!»

S’exclama la reine.
Et elle se hâta d'aller raconter au roi cette nouvelle stupéfiante.

Le roi Pépin le Bref se fâcha très fort.
Il fit venir Alista devant lui, et elle, tout en pleurs, avoua tout.
Ensuite le roi entendit les deux serviteurs qui avaient été chargés de l'horrible besogne,
et eux aussi confessèrent tout.
Ils menèrent le roi jusqu'à l'endroit de la forêt où ils avaient abandonné la malheureuse princesse hongroise.

Le roi fit rechercher Berthe, et il chercha lui même, dans toutes les directions.
Il commençait à se faire à l'idée qu'elle avait dû périr dans la forêt,
quand il parvint lui aussi à la chaumière du charbonnier.
Là, devant la maisonnette, il vit une très belle jeune femme qui rapportait une cruche d'eau de la fontaine.
Et il remarqua aussi que l'un de ses pieds était chaussé d'un très grand sabot.

Pépin l'interpella
«Dites-moi qui vous êtes! Vous devez me suivre, je suis le roi de France!»
Berthe, effrayée, répondit
«Ah, Sire, ne me faites pas de mal! Je suis la reine de France, la fille du roi de Hongrie, l'épouse de Pépin!»
«Et Pépin, c'est moi!»
S’exclama le roi, tout heureux.
Et il prit Berthe sur son cheval.
Tout se termina très bien.
Le roi fut miséricordieux, car Berthe au grand pied et aussi au grand cœur, plaida en faveur de tous.
Sauf d'Alista, qui fut honteusement chassée de Paris.
Les deux serviteurs reçurent une bonne volée de coups de bâton,
mais ensuite le roi les récompensa richement parce qu'ils n'avaient pas tué Berthe,
comme ils en avaient reçu l'ordre.
Le charbonnier Simon, qui ne parvenait pas à croire qu'il avait hébergé chez lui durant dix ans
la reine de France, fut élevé au rang de chevalier, et reçut comme armoiries une fleur d'or sur champ d'azur.

La reine de Hongrie pleurait, puis riait, et se réjouissait fort de n'avoir pas écouté les conseils de
son époux, qui ne voulait pas la laisser aller en France.
Qui sait comment tout cela aurait fini, si elle ne s'était pas décidée à ce voyage!

«Mais si vous n'aviez pas retrouvé Berthe»,
disait-elle au roi Pépin,
«Je vous jure que de mes propres mains je vous aurais raccourci d'une tête!»
Peu de temps après les retrouvailles, on célébra de façon grandiose, pour la deuxième fois,
le mariage de Pépin le Bref, mais cette fois avec la véritable Berthe, fille du roi de Hongrie.
Et les époux royaux vécurent ensemble de longues années heureuses, et ils régnèrent avec
une grande sagesse sur le doux pays de France.


Origine du conte :

Berthe au grand pied (vers 1275) est la mise en roman d'une légende
concernant la mère de Charlemagne.
Le troubadour Adenet le Roi s'inspira de cette histoire pour écrire
«Li Roumans de Berte aus grans piés»,
où l'héroïne, une princesse de Hongrie, se voit substituer une rivale lors de son mariage avec Pépin.
La fausse reine ressemble étonnamment à Berthe, les pieds exceptés.
La mystification sera découverte par Blanchefleur, mère de Berthe, lors d'une visite à Paris.
Pépin retrouvera lors d'une partie de chasse la vraie Berthe qu'il épousera.
Elle devint reine de France et mère de Charlemagne.

 

 

L'histoire :
 

Berthe ou Bertrade, dite au grand pied était la fille de Caribert II (Charibert),
comte de Laon et de Gisèle d'Aquitaine, Son mariage avec Pépin est daté de 743-744.
Reine de France, elle est la mère de l'empereur Charlemagne et de son frère Carloman.
Elle mourut le 12 juin 783 à Choisy-au-Bac (près de Compiègne, Oise) et sa dépouille
fut inhumée en l’église de l’abbaye royale de Saint-Denis.


  

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MessagePosté le: Ven 11 Nov - 11:26 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Merlin "L'Enchanteur" :





D’où vient le nom de Merlin ?

Les premières références littéraires au personnage de Merlin l’enchanteur sont galloises.
Cependant, les textes gallois distinguent deux bardes nommés Merlin :
Myrddin Wyllt et Myrddin Emrys.
S’il est probable que ces deux bardes aient été, à l’origine, les variantes d’un
même personnage, leur histoire est devenue par la suite très différente.

L’origine du nom de Merlin est incertaine et pourrait remonter à l’époque des druides celtiques.
Les noms "Myrddin", puis "Merlinus" ou "Merilun" furent successivement employés pour
désigner le même personnage.

La forme actuelle "Merlin" est apparue aux environs du XIIème siècle.


La légende de Merlin :

Merlin, qui est qualifié tantôt d’enchanteur, de magicien, de barde prophétique
ou d’Homme des bois, est un personnage difficile à cerner,
dont on ignore s’il a réellement existé.
On l’associe parfois à Merlinus Ambroisius un personnage historique
de descendance royale.

La plupart des ouvrages dans lesquels Merlin est mis en scène aux côtés du roi Arthur
et des chevaliers de la Table Ronde datent du XIIème siècle au XVIème siècle,
mais la légende de Merlin l’enchanteur est sans doute beaucoup plus ancienne.

Au fil des époques, ce personnage a inspiré de multiples légendes.
L’une des versions les plus connues le présente comme le fils d’une vierge et d’un démon.
Selon une autre légende, sa mère serait native de l’Atlantide et son père serait breton.


Signification symbolique :

Merlin l’enchanteur apparaît comme l’archétype du druide :
doté de pouvoirs magiques et prophétiques, il représente l’incarnation même de la
nature et possède une connaissance surnaturelle.
Sa sagesse en fait le guide et le conseiller des puissants.

Selon certains, ce personnage médiéval aurait servi de modèle au personnage
de Gandalf, dans Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien en 1954.


Merlin dans la légende arthurienne :

C’est Geoffroy de Monmouth qui a associé le personnage de Merlin
à la légende du roi Arthur dans trois livres :
Prophetiae Merlini, Historia regum Britanniae
et Vita Merlini.

Dans le cycle arthurien, Merlin l’enchanteur met sa sagesse légendaire
au service du royaume de Bretagne.
Il est d’abord l’ami et le conseiller du roi Uther Pendragon, le père d’Arthur.
À la mort de ce dernier, il organise le défi de l’épée Excalibur et permet à Arthur,
fils illégitime d’Uther, de monter sur le trône.
Enfin, il incite Arthur à fonder la Table Ronde pour que ses chevaliers mènent
la fameuse quête du Graal.

La fin de Merlin :



Selon la légende, Merlin tomba éperdument amoureux de la fée Viviane
et lui confia le secret pour se lier un homme à jamais.
Viviane utilisa cette magie sur Merlin endormi et l’enferma pour l’éternité
dans une geôle magique.
On dit qu’aujourd’hui encore Merlin l’enchanteur est enfermé dans la forêt de Brocéliande.

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MessagePosté le: Dim 13 Nov - 17:07 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

    
    
La chanson de Roland :




La légende ( Franc - France ) :

L'empereur Charlemagne régnait glorieusement depuis
plusieurs années en France et combattait maintenant avec
succès les Sarrasins en Espagne.
Il avait ainsi déjà conquis de nombreuses villes espagnoles,
mais à Saragosse le roi sarrasin Marsile se maintenait fermement.
L'empereur avait tenu un long siège devant la ville, mais sans résultat.
Et il fut bien soulagé quand enfin Marsile lui-même proposa de
conclure la paix, promettant de se soumettre en définitive aux Français.
Heureux de la tournure des événements, Charlemagne lui envoya alors
son conseiller Ganelon, pour discuter et régler les conditions de paix.
L'empereur promit alors de retirer ses troupes devant Saragosse
et de retourner en France.

Mais, Marsile était fourbe, et Ganelon avide de richesses.
Pour sept cents chameaux chargés d'or et d'argent, Ganelon trahit
Charlemagne et lui conseilla de laisser une arrière-garde, quand il
quitterait l'Espagne pour couvrir sa retraite vers la France.
Composée des plus vaillantes troupes de Charlemagne, lcelle-ci devait
emprunter un étroit défilé dans les Pyrénées, et c'est là au col de Roncevaux
que les Sarrasins tendirent leur embuscade afin d'exterminer les
dernières troupes de Charlemagne.
Privé ainsi ses meilleurs soldats et chevaliers, l'empereur pourrait difficilement
revenir en Espagne et entreprendre de nouvelles campagnes contre les Sarrasins.

Charlemagne suivi donc le conseil de Ganelon, et retournant dans son pays,
il laissa derrière lui, vingt mille de ses meilleurs combattants pour couvrir
sa retraite, en tête desquels se trouvait son propre neveu, le valeureux Roland,
avec son ami Olivier et l'archevêque Turpin.

Et il arriva ce que le roi Marsile avait comploté avec le traître Ganelon.
Une très nombreuse armée de Sarrasins assaillit l'arrière-garde des
Français à l'improviste.



Bataille de Roncevaux
 
Les Sarrasins supérieurs en nombre, car Marsile avait reçu des renforts de
l'empereur Boligant lui-même, ainsi que des soldats de Jéricho, d'Afrique,
de la terre Turque, des Perses et des Huns.
Certains étaient hirsutes comme des porcs, d'autres avaient la tête plantée
directement sur les épaules.
D'autres encore avaient la peau si dure qu'ils n'avaient besoin ni de cuirasse
ni de bouclier.
Et parmi ces hommes-là il y en avait de si forts qu'ils pouvaient, à mains nues,
briser une lance, broyer un bouclier ou fendre le crâne d'un ennemi.

«Roland, fais sonner ton olifant», conseilla Olivier à son ami.
«Le roi nous entendra, et il reviendra à notre secours»

Mais Roland répondit :

«Le roi nous a laissés ici avec vingt mille hommes, et parmi nous il n'y a
pas un seul peureux. Nous soutiendrons la lutte seuls.»

Mais le sage Olivier mit encore Roland en garde :

«L'ennemi est très nombreux.
Sa supériorité en nombre est incalculable. Sonne de ton olifant!»


Mais Roland refusa encore, et il refusa d'accéder à une troisième prière d'Olivier.
Ainsi eut lieu la terrible bataille du défilé de Roncevaux, dans les Pyrénées.
Les Français se battaient avec un très grand courage.
Roland, Olivier et Turpin avaient déjà asséné des milliers de coups.
Les ennemis tombaient de leur monture, celui qui ne pouvait fuir ne trouvait
point de pitié.
Mais qu'était-ce que la valeur des Français contre tant et tant d'ennemis!
Pour un de tombé, il s'en levait dix autres, pour dix fuyards accouraient
cent cavaliers de la réserve païenne.

Maintenant, Roland veut bien sonner du cor.



Olifant

«Trop tard», dit d'une voix désabusée le fidèle Olivier.

«Quand je t'ai dit de sonner, il était encore temps.
Le roi aurait pu être déjà ici, et nous ne devrions pas mourir
aussi inutilement, tous jusqu'au dernier!»

Mais l'archevêque Turpin s'écria :
«Messire Roland et vous, Messire Olivier, cessez donc ces querelles!
Que Roland sonne de l'olifant.
Certes l'empereur ne pourra nous venir en aide, mais il pourra nous
venger et ensevelir nos corps en terre chrétienne.»

Ce fut ainsi que Roland fit enfin résonner son olifant, dans le défilé de Roncevaux.
L'empreur Charlemagne entendit l'appel de l'olifant dans le lointain, par-delà les montagnes.
Il comprit alors que son arrière-garde était attaquée, et il devina
aussitôt la trahison de Ganelon.
L'armée française, fit immédiatement demi-tour vers les Pyrénées.
Charlemagne chevauchait en tête, les cavaliers lançaient l'anathème
contre l'ennemi félon, et aucun d'eux ne put cacher ses larmes,
devant le spectacle de tant de braves héros dont les cadavres jonchaient le champ de bataille.

Quand l'empereur arriva à Roncevaux, le combat était déjà fini.
Sur l'herbe verte, gisaient les vingt mille preux de France.
Charlemagne et son armée découvrirent en premier les corps d'Olivier
et de Turpin, puis ils trouvèrent celui de Roland, la tête tournée vers l'ennemi,
pour bien montrer qu'il n'avait point fui : son épée Durandal et son olifant sous son corps,
afin de les protéger de la profanation.



La mort de Roland

Cependant autour des corps des leurs gisaient encore plus nombreux,
les corps de leurs ennemis.
Et sur les Sarrasins, l'empereur et son armée se jetèrent avec tant de rage
que dans cette nouvelle bataille tomba le traître roi sarrasin Marsile
et le fils de l'empereur Boligant.



La fuite des Sarrasins
 
Ce dernier contemplait avec stupéfaction et désespoir la déroute de sa si grande armée.

Charlemagne repoussa ce jour les Sarrasins jusqu'à Saragosse :
il fit détruire les portes et s'empara de la fière cité.

Les héros de Roncevaux, Roland, Olivier, l'archevêque Turpin et les
vingt mille combattants furent enterrés solennellement.
Leur sacrifice n'avait pas été vain.
L'orgueilleuse et forte Saragosse avait enfin été vaincue, et la puissance des
Sarrasins en Espagne avait subi un coup très rude.

Le traître Ganelon, lui non plus, n'échappa pas à un châtiment juste et mérité.
Tout près de Paris, dans un pré, il fut écartelé et mis en pièces par quatre forts chevaux.



La mort de Gamelon
 
 
   
Origine de la légende :

La Chanson de Roland est la plus ancienne et la plus célèbre
chanson de geste française.
Très connue au Moyen Âge, elle tomba dans l'oubli et ne fut publiée
qu'en 1837, d'après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne d'Oxford.
Elle a sans doute été composée à la fin du XIe siècle en Normandie.

Il est tout aussi difficile d'attribuer la Chanson de Roland à un auteur.
Le dernier vers de l'épopée semble apporter une indication:
«Ci falt la geste que Turoldus declinet.»
Mais nul n'a su, en dépit de nombreuses thèses
(Turoldus est-il l'auteur, le récitant ou le copiste de l'œuvre?),
exactement expliquer la présence de ce nom.

La Chanson de Roland est composée de 4 002 vers décasyllabiques groupés
en laisses assonancées (strophe composée sur la même voyelle d'appui).
C'est l'histoire de la mort du paladin légendaire Roland, neveu de Charlemagne,
et des douze pairs surpris à l'arrière-garde de l'armée, en revenant d'une
expédition en Espagne.
Par la trahison de Ganelon, Roland et les siens sont surpris dans un défilé
des Pyrénées par les Sarrasins de Marsile.
Les Francs mettent deux armées en fuite, mais succombent à une troisième,
en manifestant leur courage par des prodiges de valeur.
Roland refuse longtemps de sonner de son olifant d'ivoire pour appeler
Charlemagne à l'aide.
Les douze pairs, dont Olivier et l'archevêque Turpin, sont morts.
Resté seul, Roland cache Durandal (son épée), sonne du cor et meurt,
tendant son gant à Dieu.
Mais Charlemagne a entendu l'appel et revient venger son neveu.
Marsile est tué.
Les Sarrasins sont décimés, et le traître Ganelon mis à mort.
La fiancée de Roland, la belle Aude, meurt de chagrin en apprenant la fin du paladin.



    
L'histoire (778) :

Un fait historique est à l'origine de ce premier chef-d'œuvre
de la littérature française.
À la demande d'un chef sarrasin en révolte contre l'émir de Cordoue,
Charlemagne avait organisé une expédition en Espagne en 778.
Une révolte des Saxons contraignit l'empereur à rentrer précipitamment en France.
Alors qu'il repassait les Pyrénées, son arrière-garde est surprise par
les Basques dans le vallon de Roncevaux.
C'est là que Roland, préfet des Marches de Bretagne, aurait péri,
selon un texte postérieur à l'événement, la Vita Karoli d'Eginhard (vers 830).
C'est moins le rappel infidèle du fait historique que sa signification
qui a commandé l'épopée.
Le récit devient ainsi le poème du sacrifice héroïque magnifiant l'esprit de croisade.
En inventant le personnage de Roland, ou plus exactement en le réinventant,
pour illustrer le thème fondamental du chevalier qui meurt conscient de sa
double allégeance, à son suzerain et à Dieu, l'auteur a créé l'une des plus belles
«figures» du Moyen Âge et de la littérature.
Le poème, qui fait une grande part au merveilleux chrétien,
est tout pénétré du sens de l'honneur et de l'amour du preux pour
«la douce France»..



    
L'épée de Roland - Durandal :
La légende mentionne que Roland aurait tenté de casser sur un rocher
son épée Durandal pour qu'elle ne tombe pas aux mains des Sarrasins,
mais c'est le rocher qui se brisa.

Ne réussissant pas à briser son épée Roland pria l'archange
Saint Michel de l'aider à la soustraire aux infidèles.
Ainsi il la lança de toutes ses forces vers la vallée mais traversant les airs
sur des kilomètres, Durandal vint se planter dans le rocher du sanctuaire de Rocamadour.

Ainsi elle y est encore, vieille et rouillée, fichée au dessus de la porte de la chapelle Notre Dame.
    

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MessagePosté le: Dim 20 Nov - 12:01 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

   
   
   
 
Robert le Diable :

Le nom est célèbre.

 



Un fier château dressé en surplomb de la Seine, en aval de Rouen, bordé par l’autoroute de Normandie
le partage avec un chétif papillon brun.
Ce nom se retrouve aussi dans quelques aménagements médiévaux dans la Sarthe.
Les Normands ayant voyagé, des peintures illustrant l’histoire ornaient les voûtes d’une église
de Palerme et une tour de Londres en portait le nom !

Aujourd'hui, un groupe rock et une "b.d." l'ont pour titre.

Ces indices sont autant de marques d’un personnage remarquable.
Mais leur extrême variété, tant dans la formulation que dans la situation géographique,
ne peut qu’intriguer.
Aucune explication unique et rationnelle n’a jamais pu recueillir l‘unanimité.

C’est donc un faisceau d’observations qu’il faut tisser et croiser pour
comprendre ce personnage extraordinaire.

 

Résumé de l’épopée
   
   
Le duc Aubert règne sur la Normandie.
Son seul regret est de vieillir sans héritiers.
Son épouse, la duchesse Inde, partage cette tristesse.
Après de longues séries de vaines prières, d’invocations,
voire de pèlerinages, elle supplie Satan de lui venir en aide.
   
   
Les époux connaissent alors une nuit de passion, la grossesse arrive, l’enfant paraît !
Dès son plus jeune âge, Robert révèle tout à la fois violence et cruauté :
il mord le sein de sa nourrice, martyrise les valets, rosse ses compagnons de jeu.
Bien vite, on le surnomme le Diable.

Adolescent, il se plaît à dévaliser les monastères, à violer les nonnes,
à terroriser la contrée entière.
Pour le calmer, son père veut le faire chevalier ;
Robert profite du tournoi organisé en son honneur pour tuer quelques concurrents
et s’évader dans la forêt avec le trophée mis en jeu.

Un jour, il s’interroge sur sa véritable personnalité ; il se doute que ses origines
réelles sont autres que les officielles.
Sous la menace d’une épée, sa mère lui avoue l’intervention diabolique dans sa conception.

Délibérément pieux


 


Dès lors, Robert ne songe plus qu’à se tourner vers Dieu.
Il va à Rome se confesser au pape, qui le renvoie vers un saint ermite.
Ce dernier, après avoir consulté le ciel, lui ordonne trois sanctions :
   
   
- faire le fou
- se taire, quoiqu’il arrive
- se nourrir des seuls aliments disputés aux chiens
   
   
Accueilli dans Rome par les quolibets de la foule, Robert est remarqué par l’empereur,
qui s’amuse de voir un fou arracher la viande de la gueule du chien.
Il le prend sous sa protection et le laisse vivre, à sa guise, pendant plusieurs années
sous un escalier, proche de la chapelle.
Pour boire et se laver, Robert va à une fontaine, dans une cour sur laquelle
donne une seule fenêtre.
A cette fenêtre, paraît souvent la fille de l’empereur,
belle enfant, unique trésor de son père, muette de naissance
   
   
Soumis jusqu’au dernier point   
   
A trois reprises, les Sarrasins, ennemis de Rome, attaquent la cité.
A trois reprises, l’armée impériale est prête à succomber.
A trois reprises, un mystérieux chevalier, tout de blanc vêtu, sauve in extremis la situation.
   
   
Par la fenêtre, Robert n’est vu, partant et revenant du champ de bataille,
que par la fille de l’empereur, intriguée et incrédule !
   

Après les deux premiers assauts, le souverain cherche à connaître son sauveur ;
sa fille lui désigne Robert.
Mais l'empereur refuse de la croire ; il la considère comme folle,
elle aussi : le monde du silence lui a fait perdre la raison.   
   
 Avant la troisième bataille, un groupe de soldats est chargé de surveiller le cavalier
émérite pour s’en saisir.
Finalement, un des vigiles enfonce son fer de lance dans la cuisse du cavalier blanc...
qui échappe au guet-apens !
L’empereur offre la main de sa fille et son royaume en héritage à celui qui pourra prouver,
par sa tenue et par sa blessure, qu’il est le héros des combats contre les Sarrasins.
Le sénéchal convoite depuis toujours la main de la fille, il se déguise en chevalier blanc et
se mutile la cuisse par un fer de lance.
Malgré les différends qui les ont opposés, l’empereur est prêt à lui accorder son enfant,
quand celle-ci, par amour pour Robert ou par miracle divin, recouvre l’usage de la parole :
elle dénonce le falsificateur, qui prend la fuite, et elle confirme la triple intervention du pénitent.
A ce moment précis, apparaît l’ermite venu relever Robert de sa sanction : il cesse de mimer la folie et parle.
   
Sans complaisance, aucune

Robert retrace les épisodes de son existence.
Tenant sa promesse, l’empereur lui offre la main de sa fille, qui ne souhaite rien d’autre.
Des barons normands - à la recherche de l’héritier de leur duché - lui annoncent
le décès du duc et de la duchesse ; ils le somment de revenir pacifier la région
en proie aux convoitises.
Refusant tout honneur et déclinant toute puissance, Robert opte pour l’érémitisme absolu ;
il se retire aux côtés de celui qui fut le porte-parole du ciel ;
il lui succèdera et préparera ainsi son ascension au Paradis.

Robert Historique :

La première question posée à propos de Robert le Diable est de savoir quel personnage
historique a servi de modèle pour cette merveilleuse épopée.
L’auteur du Roman du XIIème siècle est resté anonyme (mystère supplémentaire à l’intrigue),
il est donc impossible de savoir à qui il pensait et quelles étaient
ses sources d’inspiration ou d’information.

Plusieurs historiens sérieux ont vainement cherché un homme précis.
Les noms les plus cités sont ceux de
-Robert le Magnifique (père de Guillaume le Conquérant)
-Robert de Courteheuse (le fils du Conquérant)
D’aucuns voudraient le rapprocher de
-Robert de Guiscard - qui partit en croisade
-Robert II de Bellême - célèbre pour son autorité musclée à la fin du XIème siècle.

 Hormis le prénom commun, bien peu d’éléments de leurs existences respectives
ne sont similaires à ceux évoqués dans la vie de Robert le Diable ...
et aucune de leurs mères n’a mérité qu’on l’assimile à une désespérée implorant Satan.

Il faut remarquer que les indices vérifiables sont fort minces dans le récit.
Tout d’abord, parmi les protagonistes :
-le pape n’est pas identifié
-ni l’empereur de Rome
-ni les assaillants "infidèles"
Les seuls personnages nommément cités, le duc Aubert et la duchesse Inde,
n’ont jamais existé dans la dynastie normande.

Robert le Diable n’a donc ni contemporains, ni parents !

Ensuite, si l’on s’en tient aux épisodes successifs de son existence, on ne remarque aucun
"héritier du duché de Normandie" qui ait, tout à la fois ou séparément
-saccagé sa région
-pris l’exil volontaire
-renoncé à régner.

Robert le Diable n’a pas de vérité historique en Normandie !

Enfin, aucune date n’est clairement mentionnée, aucune période n’est précise,
et les indications fournies ne peuvent nullement coïncider :
-le dernier empereur romain, Alexandre Sévère II, mourut en août 235
-le titre de pape n’a été réservé à l’évêque de Rome qu’avec Jean VIII qui siégea de 872 à 882
le duché de Normandie fut fondé au Xème siècle.

Robert le Diable n’a pas de place claire dans le temps !

En 1851, Florent RICHOMME résumait la conjoncture en écrivant :
"Robert a vécu dans ce lointain historique ; son père gouvernait la Normandie,
en qualité de duc, dans le temps où il n’y avait pas de Normandie et
où le pays de Normandie n’avait pas de duc."


Visiblement, Robert est fort peu historique.
Il faut rechercher sa "généalogie" ailleurs que dans l’Histoire



   

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MessagePosté le: Sam 3 Déc - 10:56 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

Saint Eloi :
 

D'après sa Vita rédigée par son ami Saint Ouen, Saint Éloi
serait né vers 588 à Chaptelat, près de Limoges.
Placé en apprentissage dans cette ville chez  Abbon,
orfèvre de grande renommée qui fabriquait de la monnaie,
il y restera quelques années puis rejoindra Paris où il entrera au service de
Bobbon, orfèvre du roi.
Ce dernier, ayant reçu commande du roi Clotaire II,
(père de Dagobert) d'un trône d'or orné de pierres précieuses,
il en confiera la réalisation à Éloi.

Dans ses écrits St Ouen raconte :  


"Éloi se hâta de commencer l'ouvrage, y travailla avec ardeur,
et le termina en peu de temps.
Mais il arriva que l'or qu'on lui avait confié pour un seul ouvrage
servit à en faire deux dont le poids fut tel qu'il parut incroyable
qu'on les eût pu faire avec la même quantité d'or.
Le Saint avait exécuté son travail sans se permettre aucune fraude,
comme faisaient les autres ouvriers.
Il ne prit point, comme eux, le prétexte des morsures de la lime,
ou celui de la trop grande ardeur du feu…...
Il transporta donc aussitôt son ouvrage au palais et présenta au roi l'un des sièges.
Le prince se mit à admirer l'ouvrage, à faire l'éloge de sa perfection, et ordonna
qu'aussitôt on remit à l'artiste une rétribution qui fût digne de son rare talent.
Éloi présenta alors le  second siège. "Ne voulant rien perdre, dit-il de la matière qui me restait,
j'ai exécuté en outre celui-ci" .
Clotaire, étonné, fit paraître une grande admiration et demanda au jeune orfèvre comment
il avait pu accomplir ces deux ouvrages avec la matière destinée à un seul.
Et comme Éloi laissait percer beaucoup d'esprit dans ses réponses, le prince lui dit
que désormais on pourrait avoir confiance en lui pour de grandes choses…" 
 


Clotaire s'attache donc les services d'Éloi qui vient travailler dans son palais et
le suit dans ses nombreux déplacements.
A la cour, il se fait remarquer par sa grande piété et une belle indépendance d'esprit.
A Clotaire qui lui demande de prêter un serment de fidélité, 
Éloi refuse de jurer sur de saintes reliques tout en exprimant sa peine d'offenser le roi.
Le monarque, ayant compris  les raisons de son refus, lui dit qu'à l'avenir il aurait d'avantage confiance en lui.
C'est à la cour qu'il rencontrera un fils de famille noble, Dadon , le futur saint Ouen, son biographe.
 

A la mort de Clotaire, en 629, Dagobert lui succède. 
Avec l'aide d'Éloi, le nouveau roi entreprend une réforme monétaire.
En effet, de nombreux ateliers fabriquaient des pièces qui n'étaient pas toujours de bon aloi.
Dagobert remet de l'ordre et fait prêter serment aux monnayeurs de respecter ses édits.
De plus, il réorganise la circulation monétaire  pour que le circuit passe toujours par le roi.
Il récupère les sous d'or par l'impôt ou en vendant des charges et des faveurs puis il remet
l'or en circulation en faisant des dons aux seigneurs et aux églises.

Grand argentier de Dagobert, Éloi ne cesse d'accroître son influence. 
Le roi apprécie sa conversation et quitte parfois les grands de sa cour afin de bavarder avec lui. 
Sa réputation devient si grande que les ambassadeurs étrangers vont lui rendre visite pour se
concilier sa faveur auprès du prince et pour le plaisir de converser avec lui.

Intermédiaire entre le roi et l'église, il fait nommer évêques ses conseillers ;
il use de son influence auprès du monarque pour obtenir des biens et de l'argent afin d'aider
les plus pauvres ou racheter des esclaves afin de leur rendre la liberté.
 

Une des principales demandes de St Éloi fut, en 632, d'obtenir une terre à Solignac
(près de Limoges) pour y établir une abbaye.
Pour convaincre le roi il utilise, selon St Ouen, une jolie formule :
  

"Que votre sérénité, dit-il au prince, daigne me céder ce domaine afin que j'y
construise une échelle au moyen de laquelle nous puissions l'un et l'autre monter au ciel".
  



Solignac ne fut pas la seule propriété royale transférée à l'Église par le truchement d'Éloi.
Un bâtiment parisien qui avait appartenu à Dagobert devint un monastère de femmes et
l'orfèvre fit bâtir, à côté, une grande basilique dédiée à St Paul.
A Limoges il fit restaurer l'église St Martial.

En 638, le roi, Dagobert meurt dans la basilique de St Denis.
Quelques années après, Éloi devenait évêque de Noyon-Tournai et St Ouen, évêque de Rouen.
Le diocèse d'Éloi est immense, il couvre la Picardie et les Flandres ; le siège épiscopal est à Noyon. 
Prédicateur intarissable, il parcourt la région et fonde de nombreux monastères de moines et de nonnes.
Il sort souvent, aussi, de son diocèse, voyage à travers le royaume
(en Provence, pour une raison non citée par son biographe) et retourne dans le Limousin
où "il voulait par dessus tout, revoir sa maison natale de Solignac".

St Ouen nous dit:
 

Après avoir mené une vie si exemplaire et si sainte, entrepris tant de travaux pour
la conversion des peuples… étant âgé de soixante et dix ans il eut la révélation de sa mort.
La veille de son décès, il fit venir ses disciples et ses domestiques et les exhorta puissamment
à la crainte et à l'amour de Notre-seigneur……
il leur recommanda aussi les monastères et les maisons de dévotion qu'il avait bâtis pour le salut
des âmes et pour l'honneur de l'église….
il les embrassa ensuite tous l'un après l'autre et leur donna le dernier salut……
Il expira dans la ferveur de la prière….
Ce fut le 1er décembre à une heure de nuit de l'an de Jésus Christ 659. 
 


Les reliques de St Éloi reposent dans la cathédrale de Noyon.
Elles sont conservées dans une châsse en bois doré sous le maître-autel de l'ancienne cathédrale. 

Légendes :


 
 
De nombreuses légendes ont couru en Allemagne, en Belgique et dans le nord de la France sur l'évêque orfèvre.
Voici les plus connues : 


 
 
      -Afin de ferrer plus à l'aise un cheval rétif, Saint Éloi lui aurait coupé une patte de devant,
 l'aurait placée sur son enclume et, après avoir ferré le sabot, l'aurait rajustée.

D'après une variante d'origine allemande, ce miracle aurait été accompli par le Christ déguisé.
(anachronisme certain car l'usage de ferrer les chevaux n'apparaît en occident qu'au XI ème siècle)
 
      
-Un jour, le diable, travesti en femme, se présenta dans sa forge.
Saint Éloi, l'ayant reconnu, lui pinça le nez dans ses tenailles rougies au feu.

     
-Une autre légende le lie à la fondation de Dunkerque.
St Éloi venait souvent en un lieu nommé Duine Kercke (l'église des dunes) petite bourgade
dont il avait évangélisé les habitants et construit l'église.
Un jour, l'évèque-orfèvre, qui venait de prendre un bain vit des pêcheurs affairés.
Ils étaient rassemblés autour du corps d'Allowyn, chef des guerriers qui terrorisaient la région,
enlevant les jolies filles et dévorant les enfants.
Le matin même, en descendant de son bateau, il s'était pris les pieds dans des cordages et dans sa chute,
son épée lui avait transpercé la poitrine.
St Éloi fit transporter le corps dans sa demeure et lorsqu'il en sortit,
au bout de quinze jours, Allowyn était guéri et ..... converti.
St Éloi l'amena à l'église où il le bénit et le maria à la plus belle fille du pays.
Allowyn devint le chef des habitants, fit construire des remparts, des tours et des bâtiments
et s'installa sur le lieu qui est devenu Dunkerque.
  
 
 


 
Patronages :
 
Saint Éloi a été choisi comme saint Patron par de nombreuses corporations :
les orfèvres, batteurs d'or, doreurs sur cuivre, sonnetiers – les taillandiers et serruriers –
les forgerons et les maréchaux-ferrants, les lormiers ou fabricants d'éperons, les selliers –
les maquignons (à cause du cheval dont il avait recollé miraculeusement le pied après l'avoir ferré),
les charretiers et muletiers – les fermiers, laboureurs et valets de ferme.

Il est souvent représenté avec des tenailles et un marteau surmonté d'une couronne, une enclume et  un fer à cheval.


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MessagePosté le: Sam 17 Déc - 21:25 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

  
  
Cyrano de Bergerac

La pièce est centrée sur Cyrano.
Sur les 2 600 vers qui la composent, plus de la moitié sont prononcés par lui
.

L'habitude est de donner ce rôle à des acteurs d'âge mûr,
alors qu'en 1640, le Cyrano historique n'avait que 21 ans.

Cette personnalité comporte de multiples facettes qui en font un personnage très complexe.


Commedia dell'arte :
 
Cyrano, avec son chapeau, son masque, sa cape et son épée, ses rodomontades,
a tous les ingrédients qui peuvent faire de lui un héros de la Commedia dell'arte.
Magali Wiéner-Chevalier
signale que Cyrano, dans la scène du duel,
se réfère au personnage de Scaramouche.
Elle y voit des analogies avec Scapin ou le Capitan.
Nombreux sont les critiques qui évoquent, à son sujet, ce personnage de Matamore

mais qui démontrent par ailleurs qu'il n'est pas que cela.
Dans son livre, Cyrano à la recherche du nez perdu, Francis Huster s'interroge
sur les moyens à mettre en œuvre pour ne pas limiter le personnage à cette seule facette
.



Statue de Cyrano à Bergerac
  

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MessagePosté le: Mer 21 Déc - 11:16 (2011)    Sujet du message: Légendes historiques Répondre en citant

  
  
Héros romantique

Avec son mélange de pathétique et de sublime, Cyrano est considéré comme
l'archétype du héros romantique tel que le décrit Victor Hugo dans la préface de Cromwell
.
Grotesque par sa disgrâce physique qui le range dans la catégorie des Quasimodo
ou des Riquet à la houppe
, il est sublime par son sens du dépassement, sa bravoure
et son sens du sacrifice
. Cyrano est l'homme des contrastes :
il allie le courage physique (combat porte de Nesle, siège d'Arras) à la timidité (rendez-vous avec Roxane
).
Malgré ses victoires au combat, il est poursuivi par l'échec :
c'est Christian qui récolte le baiser, fruit de la conquête de Cyrano,
c'est Molière qui récolte la gloire avec la réplique « Mais qu'allait-il faire dans cette galère ? »
.
Edmond Rostand lui fait dire au sujet de son épitaphe : « Cyrano de Bergerac, qui fut tout et qui ne fut rien »
.
Pour Raymond Trousson
, c'est toute la pièce qui est ainsi traversée par le thème de l'échec,
et Jules Harazti note la sympathie qu'éprouve Rostand pour ces « ratés de l'amour et de la gloire »
.
Cyrano, c'est aussi un assortiment de fanfaronnade et de pudeur sur ses souffrances
, alternant l'énergie et la mélancolie.

 

Idéalisme

Le personnage est aussi attachant par sa soif d'idéal et son refus des compromis.
Pour Susan Lloyd, chez le personnage d'Edmond Rostand, la poursuite d'un idéal
est plus importante que son achèvement et la loyauté de Cyrano envers Christian
serait autant due à son sens de l'honneur qu'à la préférence d'un amour spirituel à un amour charnel :
inconsciemment, Cyrano préfèrerait l'idéal à la réalité
.
Trousson
parle d'un personnage généreux, idéaliste, en lutte contre le vulgaire et
rappelle la tirade « J'ai décidé d'être admirable en tout, pour tout ! »
.


Le panache

Lors de la dernière scène, le rideau tombe sur ce dernier mot prononcé par Cyrano,
« mon panache ».
Ce mot est très fortement associé au personnage.
Magali Wiéner-Chevalier le définit comme la capacité à être
« vif, spirituel, poète même dans l'adversité ».
Edmond Rostand lui-même développe ce thème lors de son discours d'entrée
à l'Académie française et le décrit ainsi :

« Le panache, n'est pas la grandeur mais quelque chose qui s'ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d'elle.
C'est quelque chose de voltigeant, d'excessif - et d'un peu frisé [...], le panache c'est l'esprit de bravoure. [...]
Plaisanter en face du danger c'est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ;
le panache est alors la pudeur de l'héroïsme, comme un sourire par lequel on s'excuse d'être sublime[...] »

Et c'est toujours Edmond Rostand qui conseille aux élèves du collège Stanislas,
lors d'une représentation de Cyrano, d'avoir du panache.
Le panache n'est pas sans rappeler la figure d'Henri IV demandant lors des combats
que l'on se rallie à son panache blanc, figure évoquée d'ailleurs par Cyrano reprochant à de Guiche sa lâcheté.
 



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