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Nicolas Fouquet
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baloo
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MessagePosté le: Dim 2 Oct - 16:42 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant



Nicolas Fouquet
, marquis de Belle-Île, vicomte de Melun et Vaux,

né en janvier 1615
à Paris, mort le 3 avril 1680 à Pignerol,
fût un homme d'État français de haut rang
, surintendant des finances à l'époque de Mazarin,
destitué et arrêté sur l'ordre de Louis XIV en 1661 pour malversations,
condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement hors du royaume,
peine que Louis XIV aggrave
, en vertu de ses pouvoirs de justice,
en le faisant emprisonner pour le reste de sa vie.




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Il n'y a pas besoin d'être une lumière pour savoir qu'il fait noir. Ph. Geluck


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MessagePosté le: Dim 2 Oct - 16:42 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 3 Oct - 09:45 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

Jeunesse :

Nicolas est le second fils de François IV Fouquet, conseiller au parlement de Paris,
maître des requêtes de l'hôtel du roi puis conseiller d'État, et associé de la Compagnie des îles d'Amérique,
et de Marie de Maupéou, issue d'une grande famille de la robe.
La famille Fouquet a fait fortune dans le commerce du drap avant de se reconvertir dans la magistrature.
Contrairement aux prétentions de l'époque du clan Fouquet, la famille n'est pas d'origine noble:
son trisaïeul, François Foucquet, était marchand, et fils de marchand de drap à Angers.
Son père, était devenu un riche armateur breton, remarqué par Richelieu qui l'avait fait entrer
au Conseil de la Marine et du Commerce, et qui devint conseiller d'État ordinaire et maître des requêtes à Paris.
Il avait accepté de siéger dans la Chambre composée en août 1626 par Richelieu pour juger le comte de Chalais
.






Le blason des Fouquet porte D'argent à l'écureuil rampant de gueules,
avec la devise « Quo non ascendet ? » (« Jusqu'où ne montera-t-il pas ? »).
Un « foucquet » est en effet, en gallo, un écureuil
.


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MessagePosté le: Mar 4 Oct - 16:38 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

  
  
Jeunesse suite :

Comme les Maupéou, les Fouquet sont devenus « une famille exemplaire de la
Contre-Réforme
 », d'une spiritualité très proche de François de Sales et de Jeanne de Chantal.

Sur les douze enfants survivants du couple, les six filles deviennent religieuses, quatre garçons
sont tonsurés (seuls Nicolas et son frère puîné Gilles sont laïcs) et deux d'entre eux sont évêques
.


Dans un même esprit, c'est aux Jésuites du collège de Clermont que ses parents confient l'éducation de Nicolas.

Parallèlement, il aide sa mère, Marie de Maupéou, dans la préparation de médicaments pour les pauvres.
Son goût pour la chimie et la pharmacie persiste tout au long de sa vie.

Son frère aîné étant destiné à rejoindre la robe, comme son père, le jeune Nicolas est d'abord
orienté vers l'état ecclésiastique.
En conséquence, il reçoit la tonsure en janvier 1635.
Il devient trésorier de l'abbaye Saint-Martin de Tours et reçoit le bénéfice du prieuré de Saint-Julien de Doüy.
Malgré tout, sa famille hésite encore sur l'orientation à donner à sa carrière.

C'est finalement le droit qui l'emporte (selon le jurisconsulte Christophe Balthazar, sur conseil de Richelieu en personne)
Nicolas passe sa licence de droit à la Sorbonne
et se fait inscrire au tableau des avocats.

  

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MessagePosté le: Mer 5 Oct - 10:46 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

  
  
Carrière politique

Magistrat


En mars 1633, son père demande au cardinal une charge de conseiller au Parlement de Paris pour Nicolas.

Sa demande est refusée : le frère aîné, François V, possède déjà une charge identique.

Néanmoins, il obtient l'année suivante une charge de conseiller au parlement de Metz, nouvellement créé par Richelieu
.
Cela témoigne de la faveur de François et la confiance du cardinal en Nicolas, qui obtient une dispense d'âge.

Nicolas reçoit une mission du cardinal : inventorier les papiers du Trésor de la chancellerie de Vic,
où sont conservés tous les titres du temporel de l'évêché de Metz et de l'abbaye de Gorze.
Il s'agit de vérifier si le duc Charles IV de Lorraine n'empiète pas sur les droits du roi de France,
ce qui est toujours le cas quand il s'agit de territoires enclavés à l'étranger et rattachés depuis peu à la France;
c'est le casus belli couramment utilisé.

Il s'agit en effet de justifier l'entrée des troupes françaises dans ses États qui occupent le duché
avant les conclusions de Nicolas.

Le jeune homme s'acquitte de sa tâche avec brio
.


En 1635, le frère aîné de Nicolas entre dans les ordres.

Désormais, c'est Nicolas qui porte les espoirs d'ascension sociale de son père,
qui lui achète une charge de maître des requêtes de l'Hôtel.

Là encore, Nicolas bénéficie d'une dispense d'âge
.

En 1638, il est détaché de la cour de Metz pour participer au Conseil souverain imposé par la France à Nancy.
Il y mène grand train, prenant part aux séances à la comédie, aux bals et aux festins.

La même année, son père, pour l'associer à ses affaires, lui cède une part dans la Compagnie des îles d'Amérique.

  

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MessagePosté le: Jeu 6 Oct - 10:10 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

Carrière politique  - Magistrat  suite :


François Fouquet, se sentant proche de la mort, pousse son fils au mariage.
Nicolas jette son dévolu
sur Louise Fourché, dame de Quéhillac,
petite-fille de Jean Fourché, maire de Nantes en 1597-1598.

Le contrat est signé le 10 janvier 1640 à Nantes entre les parents, la cérémonie
a lieu le 24 à Notre-Dame de Nantes
.

C'est un riche mariage : Louise apporte en dot 160 000 livres en argent et rentes
sur particuliers plus la terre de Quéhillac.

Nicolas reçoit de ses parents la propriété de sa charge de maître des requêtes
estimée à 150 000 livres, avec en plus une rente de 4 000 livres au denier 18,
ce qui représente environ 20 000 livres de capital
.
De plus, Louise comme Nicolas ont de forts liens de parenté en Bretagne : Louise par ses parents
(son père est conseiller au parlement de Bretagne) et Nicolas par ses cousins Chalain et
par les liens de son père avec les compagnies de commerce de l'Atlantique.

François Fouquet meurt peu de temps après, suivi au début de l'année 1641 par le
grand-père maternel de Nicolas, Gilles de Maupéou.
La même année, six mois après avoir donné naissance à une fille, Marie, sa femme meurt.

A 26 ans Nicolas Fouquet se retrouve donc veuf.

Durant cette période, il reprend les activités de son père au sein des différentes
compagnies maritimes dans lesquelles la famille détient des parts :
Compagnie des îles d'Amérique, du Sénégal ou encore de la Nouvelle-France.
En 1640, il fait partie des premiers actionnaires de la Société du Cap-Nord et
en 1642, il entre dans celle des Indes orientales
.


Il fait aussi l'acquisition de la terre noble de Vaux avec la dot de son épouse,
dans le bailliage de Melun, et se fait appeler "vicomte de Vaux".
 
En 1642, la mort de Richelieu, protecteur de longue date de la famille Fouquet,
vient mettre fin à ses rêves coloniaux et maritimes.

Fouquet choisit alors définitivement le service de l'État.
Heureusement pour lui, l'équipe ministérielle est maintenue en place par Louis XIII
puis, à la mort de celui-ci, par la régente Anne d'Autriche : le cardinal Mazarin
prend la succession de Richelieu et devient le nouveau patron de Fouquet.



Mazarin


En 1644, il est nommé intendant de justice, police et finances à Grenoble dans le Dauphiné,
sans doute sur décision personnelle de la régente
.
C'est un poste difficile pour un jeune homme peu expérimenté, qui plus est dans
une province qu'il ne connaît pas.

Au cours de l'été, alors qu'il s'est absenté sans autorisation
pour assister à l'intronisation de son
frère aîné François, nommé évêque d'Agde, une émeute de paysans a éclaté contre les levées d'impôts.
Il est révoqué aussitôt par Mazarin, sur l'initiative du chancelier Séguier.



Heureusement, un second incident lui permet d'écourter sa disgrâce : sur le chemin du retour,
de nouvelles émeutes se déclenchent à Valence.
Grâce à son sang-froid, à ses talents oratoires et à son courage personnel,
Fouquet parvient à calmer ce soulèvement
.

En récompense, il réintègre dès 1646 le corps des maîtres des requêtes.
Mazarin lui confie une mission d'observation lors du siège de Lérida, en Espagne.

Ayant donné toute satisfaction, Fouquet est nommé l'année suivante intendant à l'armée
de Picardie, sur décision personnelle d'Anne d'Autriche
.

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Nanesse
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MessagePosté le: Jeu 6 Oct - 12:47 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

 belle et intéressante documentation Baloo! bonne continuation et

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MessagePosté le: Ven 7 Oct - 10:01 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

 pour tes encouragements, Nanesse, heureux que cela t'intéresse .
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MessagePosté le: Ven 7 Oct - 10:04 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

  
  
  
Sous la Fronde

En 1648, il devient intendant de la généralité de Paris.

La Fronde donne à son poste une importance inespérée.

Il se range immédiatement du côté d'Anne d'Autriche et de Mazarin, se gagnant
ainsi la faveur indéfectible de la reine.

Après l'arrêt d'Union, il envoie à la reine une lettre conseillant de négocier et de diviser
ses ennemis, attitude qu'il conserve tout au long de la Fronde.

Pendant le siège de Paris, il se voit chargé du service des subsistances et gagne beaucoup d'argent.

En novembre 1650, il peut franchir un pas important en achetant pour 450 000 livres
la charge de procureur général du parlement de Paris
.




Il entre ainsi dans l'élite de la robe.

Il en profite pour contracter un second mariage, conclu en février 1651.
La nouvelle madame Fouquet, née Marie-Madeleine de Castille-Villemereuil,
appartient elle aussi par son père à une famille de marchands passés à la finance, puis anoblis.

Elle n'a que 15 ans, lui en a 36.

Sa dot est inférieure à celle de Marie Fourché, mais elle apporte en compensation le vaste cercle
de relations de la famille de sa mère dans la haute robe parisienne.

Au même moment, le Parlement vote l'expulsion de Mazarin.
Celui-ci a pris les devants en s'exilant en Allemagne.
Officiellement, Fouquet, procureur général, instruit contre Mazarin.
En sous-main, il tient Mazarin informé jusqu'à son retour en grâce, par le truchement de son
frère Basile, dit « l'abbé Fouquet », chef de la police secrète du cardinal
.

Le 31 juillet, un arrêt royal transfère le Parlement à Pontoise.
Fouquet supervise l'opération, sous les quolibets de la foule.

Il a sa revanche à la fin de la Fronde : lors du lit de justice du 22 octobre 1652,
après la lecture de l'acte d'amnistie, il prononce un grand discours louant la clémence du roi
et fustigeant ses collègues restés fronder à Paris.

Par la suite, il se montrera impitoyable envers les partisans de Condé.

  

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MessagePosté le: Sam 8 Oct - 09:58 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

   
   
   
Surintendant des finances :


En février 1653, le duc de La Vieuville, surintendant des finances, meurt subitement.



Duc de La Vieuville

Fouquet, soutenu par des amis financiers, se porte aussitôt candidat à sa succession.

Si Mazarin, répugnant à trancher et sachant que diviser c'est régner, crée un second poste
de surintendant des finances auquel il nomme le diplomate Abel Servien,
l'autre charge est emportée par Fouquet le 7 février sur des candidats de première importance
comme Le Tellier, Mathieu Molé, l'ancien surintendant de Maisons
ou encore les maréchaux de Villeroi et de l'Hospital
.



Abel Servien

Il doit sa nomination à sa bonne conduite durant la Fronde, mais aussi à l'influence de son frère Basile.

À la surintendance est assorti un brevet de ministre, qui permet à Fouquet de siéger au Conseil d'En-Haut,
la plus puissante instance monarchique.

Fouquet est ainsi le plus jeune responsable des Finances de l'Ancien Régime.
Pour ce qui est de sa compétence, les opinions varient selon qu'on considère l'homme d'affaires ou l'homme d'État.
L'historien Daniel Dessert souligne ses compétences financières et commerciales,
qu'il est « préparé à affronter la redoutable tâche des Finances royales »
et il « connaît de l'intérieur le fonctionnement de la finance »
.
En revanche, l'un de ses biographes, Jean-Christian Petitfils, précise qu'
« il connaissait mal les arcanes de la finance » publique et qu'il était « étranger au milieu des publicains »
.

Les finances royales sont alors dans un état désastreux.

Alors que les besoins d'argent de la couronne sont immenses, à la fois pour financer la guerre et
pour les dépenses personnelles de Louis XIV, le Trésor est en banqueroute,
la conjoncture fiscale est calamiteuse (les tailles ne rentrent plus) et le stock de métaux précieux disponible, insuffisant
.

Pour faire face, Fouquet ne s'appuie pas sur une théorie économique précise.
Cependant, il sait d'expérience que le principal problème de l'État français est son manque de crédit :
les traitants, fermiers et autres bailleurs de fonds ne lui font pas confiance.
Il s'emploie donc à restaurer le crédit en respectant les contrats passés entre ces traitants et le Trésor et
en leur consentant des taux avantageux.
Ainsi, il assigne sur de nouveaux fonds de vieux billets de l'Épargne,
compensant ainsi une partie de la banqueroute de 1648.

Il met l'accent sur les « affaires extraordinaires » : création et vente de charges, création de droits nouveaux,
émissions de rentes et prêts, le tout dans des conditions très avantageuses pour les traitants.
Au contraire des manipulations monétaires passées, il impose en juillet 1653 une réévaluation de la livre tournois :
la pistole d'or passe de 12 à 10 livres. Le crédit se fait plus abondant et la situation s'améliore.

Loin d'inciter à la sagesse, cette embellie provoque de nouvelles dépenses inconsidérées.
Dès 1654, la crise revient.

Fouquet doit s'engager de manière importante sur sa fortune personnelle et même celle de ses proches.
En novembre 1657, il doit ainsi prendre à sa charge un tiers d'un contrat global de 11,8 millions de livres.
Son crédit personnel lui permet de couvrir l'engagement, mais au prix d'un intérêt de 20 %
.

Parallèlement aux difficultés qu'il rencontre dans l'exercice de sa charge, il doit compter avec la faveur
changeante de Mazarin et les critiques de Colbert, intendant de ce dernier.



Jean Baptiste Colbert

Exaspéré par ces tensions, il offre même sa démission, qui est refusée.

Il ne s'entend guère non plus avec son collègue Servien : dès décembre 1654, il avait dû réclamer au roi
un règlement pour délimiter les fonctions de chacun.

Servien s'était vu attribuer les dépenses, et Fouquet les recettes.

La politique de Fouquet lui permet de se constituer une large clientèle parmi les manieurs d'argent du royaume.
En outre, les flux financiers considérables qui passent par les mains du surintendant ainsi qu'un réseau d'espions
et d'informateurs permettent à Fouquet de consolider sa position
.

Les plus grands seigneurs deviennent ses amis et/ou ses obligés.

Enfin, ses cousins Maupéou ainsi que son remariage lui garantissent une bonne mainmise sur la robe.
Fouquet consacre son ascension sociale en mariant sa fille Marie avec Armand de Béthune,
marquis de Charost, petit-neveu de Sully.
Il dote sa fille princièrement : elle apporte 600 000 livres à son époux en louis d'or et d'argent
.

À la mort de Servien en 1659, Fouquet est confirmé seul dans sa charge, qu'il conserve jusqu'à la
suppression de cette dernière en 1661.

Il repousse avec succès une intrigue de Colbert pour le relever de la surintendance
,
s'emploie à convaincre Mazarin de la nécessité de réduire les dépenses de l'État et simultanément,
travaille à un vaste plan de redressement financier fondé sur l'amélioration de la perception des impôts indirects
(centralisation des fermes générales), l'allègement des tailles (remise sur les arrérages de tailles impayées),
l'assainissement des finances municipales (vérification des dettes des villes) et, toujours, l'amélioration des relations
avec les manieurs d'argent.

Malgré la fin de la guerre, pourtant, la situation des finances royales reste très dégradée.
Les manieurs d'argent préfèrent prêter à la Cour qu'au roi, et Fouquet doit une nouvelle fois engager
sa signature personnelle, consentir à des taux d'intérêt considérables, accorder des remises et
recourir aux affaires extraordinaires.

Le bilan de sa surintendance ne fait pas l'unanimité.
L'historiographie classique reproche à Fouquet son absence de principes économiques clairs, sa timidité à
réduire les « affaires extraordinaires » et à éteindre les emprunts royaux, mais surtout sa collusion avec
le milieu des manieurs d'argent, son clientélisme et son enrichissement personnel.
Daniel Dessert juge ce bilan largement marqué par les critiques de Colbert et préfère souligner l'amorce
de redressement financier obtenu par Fouquet, par des moyens somme toute similaires à ceux de Colbert :

« En réalité, il n'existe pas de politique financière profondément différente entre Fouquet et son rival Colbert.
Ce qui les différencie, c'est leur style : tout en nuances, en touches subtiles chez le premier ;
en coups de boutoir chez le second
. »

On a objecté à cette thèse que si Fouquet avait bien une politique cohérente,
il n'a pas comme Colbert été l'auteur d'un système administratif cohérent
.

Toujours est-il, que l'État se retrouve complètement ruiné par les intérêts des emprunts qu'il lui a fait contracter
auprès de ses amis traitant ou de compagnies dans lesquelles il est intéressé, tandis que lui-même se retrouve à
la tête d'une fortune fabuleuse lui permettant d'entretenir une cour et de donner des fêtes somptueuses.

Ce contraste entre la prospérité de ses affaires et la ruine corrélative de son maître ne tardera pas à provoquer sa chute.

   

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MessagePosté le: Dim 9 Oct - 11:02 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

Aventures coloniales et maritimes :

Actionnaire, à la suite de son père, de compagnies d'exploitation coloniales,
Fouquet a conscience des problèmes inhérents à ces sociétés qui hésitent souvent
entre but religieux et but commercial, possèdent des moyens insuffisants et pâtissent
de la concurrence des Anglais et des Néerlandais.

Rapidement, il décide donc d'intervenir dans les colonies de manière plus directe,
en se faisant armateur.

Dès les années 1640, sa famille achète ou fait bâtir plusieurs navires, dont des bâtiments de guerre.
Certains semblent être utilisés pour la course, sous commission de la France comme du Portugal
 ;
une partie sera vendue à la couronne de France en 1656.

Des membres de la parenté sont également placés à des fonctions stratégiques :
en 1646, son cousin le président de Chalain devient gouverneur du port breton de Concarneau.

Fouquet veut aller plus loin et se créer en Bretagne une puissance domaniale pouvant servir de
base à de vastes entreprises coloniales et commerciales.
C'est dans cette optique qu'il se lie à l'illustre maison bretonne de Rieux, à qui il rachète plusieurs terres
aux alentours du golfe du Morbihan, comme la forteresse de Largoët.

En 1658, par l'intermédiaire de Jeanne-Pélagie de Rieux, propriétaire de l'île d'Yeu, il fait fortifier l'île
où il amène des vaisseaux armés.

La même année, il achète Belle-Île, dont il restaure les murailles, et où il fait bâtir un port,
des magasins et des entrepôts.



Forteresse à Belle Ile en mer


Il semble bien que l'île soit également destinée à être une place de sûreté, un refuge en cas de procès
.

Simultanément, il constitue par l'intermédiaire d'un prête-nom une société de commerce à
destination de l'Espagne et des Indes, dont les bateaux utilisent Belle-Île comme port d'attache et entrepôt.

À la tête d'une dizaine de navires, utilisés pour le cabotage ou le commerce au long cours,
Fouquet se classe parmi les premiers armateurs du royaume.

Afin de se prévaloir d'une autorité légitime, Fouquet achète en 1660 au duc de Damville la charge
de vice-roi d'Amérique, qu'il confie à un homme de paille : les lettres de provision accordent au
titulaire l'autorisation d'exempter d'impôts les marchandises et munitions destinées aux places
existant ou à créer en Amérique
.

L'objectif du surintendant est alors de prendre le contrôle du commerce des peaux et fourrures d'Acadie,
ainsi que de la pêche à la morue.
Toutefois, il ne peut concrétiser ses projets suite à l'opposition de la Compagnie de la Nouvelle-France.

Ses projets en Terre-Neuve et aux Antilles connaissent pareillement l'échec,
sans doute en raison de la dispersion des efforts de Fouquet.

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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 08:59 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

  
  
Protecteur des arts et des lettres

Saint-Mandé (Val-de-Marne)



Fouquet a de nombreuses demeures.

Jeune homme, il réside dans la maison familiale de la rue de Jouy, à Paris.

Il acquiert ensuite une demeure près de la rue de Matignon, avant de déménager dans
l'hôtel de Castille, apporté en dot par sa seconde épouse.

Il possède ensuite l'hôtel de Narbonne et celui d'Émery, jouxtant celui de Mazarin.

Il achète également une grande propriété à Saint-Mandé.
Il la fait rebâtir et embellir.
Il y constitue une grande collection de livres (27 000 volumes), surpassée seulement
par celle de Mazarin (50 000).

Son goût des jardins s'y développe : il les réaménage, les décorant de statues, de serres et d'orangeries.
Néanmoins, il ne fait pas preuve d'un goût très raffiné :
il recherche avant tout les pièces décoratives et fastueuses.

Il y donne de nombreuses réceptions et y joue gros jeu.

En 1656, il reçoit successivement la Cour, Gaston d'Orléans et la reine Christine de Suède.

  

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MessagePosté le: Mer 12 Oct - 10:24 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

   
   
Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne)


À partir de 1653, il fait bâtir un magnifique château à Vaux-le-Vicomte (actuelle commune de Maincy).






Le domaine, acheté avant son accession à la surintendance, n'est que friches au milieu
desquelles est construit un vieux château.

Fouquet commence par racheter méthodiquement les terres alentour :
l'ensemble du domaine représente, à terme, plus de 200 contrats, certains achats ne portant
que sur quelques arpents de terre
.
Il fait raser le village de Vaux, quelques autres hameaux et bois,
détourner une rivière et arracher des vignes.
En outre, des travaux d'adduction d'eau sont réalisés.

Il y fait travailler Le Vau, Le Brun, Le Nôtre et Villedo.

Il s'entoure d'une petite cour d'écrivains comme Molière, La Fontaine, Madame de Sévigné
ou Madame de Scudéry.

Le roi y vient pour la première fois en juillet 1659.

Le 17 juillet 1660, Fouquet l'y reçoit de nouveau, accompagné par l'infante Marie-Thérèse
que le roi vient d'épouser, alors qu'ils reviennent de Saint-Jean-de-Luz.

Le 11 juillet 1661, il reçoit une nouvelle fois la Cour.
Louis XIV n'ayant pu assister à la fête, une autre est donnée le 17 aout pour le
monarque accompagné de ses 600 courtisans.

Elle est somptueuse, avec jets d'eaux, feux d'artifice, ambigu (buffet) donné pour plus de
mille couverts et supervisé par François Vatel et création de la pièce de Molière Les Fâcheux.

Louis XIV, est furieux de voir tant de splendeur alors que ses propres demeures sont vides.
L'origine de tant d'argent lui paraît suspecte.
L'offre de Fouquet de lui donner Vaux ne fait que l'irriter davantage.

Selon l'abbé de Choisy, Louis XIV aurait déclaré dans le carrosse qui le ramène à Paris à Anne d'Autriche :

« Ah, madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là
 ? »

   

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MessagePosté le: Ven 14 Oct - 09:09 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

   
   
Ceux qui ont travaillé à Vaux le Vicomte :   
   
Louis Le Vau (il conviendrait d'orthographier son nom Le Veau, comme celui de son père)
est un architecte français né à Paris en 1612 et mort dans cette même ville le 11 octobre 1670.

Contemporain des deux Mansart et de Jacques Lemercier, Louis Le Vau a été un des créateurs
du classicisme français (le style « Louis XIV ») qu'il sut marier de manière impressionnante
avec le style baroque.
Il a créé un style distingué par la simplicité des constructions et l'élégance des décorations.
Son plus grand ouvrage demeure le château de Vaux-le-Vicomte.

À ne pas confondre avec son frère François Le Vau (1613-1676), architecte de l'église Saint-Louis-en-l'Île à Paris.

   
   
   
Charles Le Brun, baptisé le 24 février 1619 à Paris où il est mort le 12 février 1690,
est un artiste-peintre et décorateur français, premier peintre du roi, directeur de l'Académie royale
de Peinture et de Sculpture, et de la Manufacture royale des Gobelins.
Il s'est surtout illustré dans la décoration du château de Versailles et de la galerie des Glaces.





André Le Nôtre (Paris, 12 mars 1613 - Paris, 15 septembre 1700) fut jardinier du roi Louis XIV de 1645 à 1700
et eut notamment pour tâche de concevoir l'aménagement du parc et des jardins du château de Versailles,
mais aussi celui de Vaux-le-Vicomte et Chantilly.
Il était un très fameux courtisan et réussit à s'acquérir une grande faveur auprès de Louis XIV.
Sous une bonhomie probablement travaillée (en présence même du roi) qui lui valut le surnom de son vivant
le « bonhomme Le Nôtre »,
il sut se placer à l'écart des intrigues de la Cour et s'attirer les bonnes grâces
d'un roi passionné de jardins
.
Il fut l'auteur des plans de nombreux jardins à la française.






Michel Villedo est un maçon de la Creuse, né en 1598 à Pionnat en Creuse et
décédé à Paris le 9 décembre 1667.

Il commença sa carrière de maçon comme gâcheur de mortier sous le règne de Henri IV
et termina conseiller et architecte des bâtiments du roi sous Louis XIV
.

   


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MessagePosté le: Sam 15 Oct - 10:27 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

  
  
  
Le mécène :

Fouquet fonde un salon à Saint-Mandé dès la fin de la Fronde.
Il y attire Paul Pellisson, Charles Perrault, Quinault, Ménage, La Fontaine et Madame de Sévigné.
Il fréquente aussi des scientifiques comme le médecin Samuel Sorbière ou le philosophe La Mothe Le Vayer.

Dès 1660, il s'intéresse à Molière.

Il protège le peintre Nicolas Poussin.

À Vaux, son salon réunit plutôt des « Précieux ».

Fouquet lui-même écrit poèmes, chansons, énigmes et bouts-rimés, suivant la mode de l'époque.
Il pensionne de nombreux poètes, comme Corneille (2000 livres par an), Scarron (1600 livres) ou
encore Gombauld (1000 livres), et protège les sculpteurs François Anguier, son disciple François Girardon,
Thibaut Poissant et Pierre Puget.

Sa générosité à l'égard des artistes en fait l'un des mécènes les plus puissants de France,
bien devant le cardinal Mazarin et même le roi
.

En remerciement, Corneille dédie son Œdipe (1659) au surintendant, « pas moins [celui] des belles-lettres que des finances »,
et Madeleine de Scudéry le place dans sa Clélie, histoire romaine au même rang que
Richelieu en tant que protecteur des arts et des lettres.

  

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MessagePosté le: Dim 16 Oct - 10:14 (2011)    Sujet du message: Nicolas Fouquet Répondre en citant

Quelques "protégés" de Fouquet :



Jean de La Fontaine

(né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, et mort le 13 avril 1695 à Paris)
est un poète français de la période classique dont l'histoire littéraire retient
essentiellement les Fables et dans une moindre mesure les contes licencieux.
On lui doit cependant des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets d'opéra
qui confirment son ambition de moraliste.

Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine reste à l'écart de la cour royale
mais fréquente les salons comme celui de Madame de La Sablière et malgré des oppositions,
il est reçu à l'Académie française en 1684.
Mêlé aux débats de l'époque, il se range dans le parti des Anciens dans la fameuse
Querelle des Anciens et des Modernes.

C'est en effet en s'inspirant des fabulistes de l'Antiquité gréco-latine et en particulier d'Ésope,
qu'il écrit les Fables qui font sa renommée.
Le premier recueil qui correspond aux livres I à VI des éditions actuelles est publié en 1668,
le deuxième (livres VII à XI) en 1678, et le dernier (livre XII actuel) est daté de 1694.
Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, parfois plus complexes qu'il n'y paraît
à la première lecture, ont déterminé le succès de cette œuvre à part et les Fables de La Fontaine
sont toujours considérées comme un des plus grands chefs d’œuvre de la littérature française.
Le fabuliste a éclipsé le conteur d'autant que le souci moralisant a mis dans l’ombre
les contes licencieux publiés entre 1665 et 1674.







Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière,

né à Paris, baptisé le 15 janvier 1622 et mort à Paris le 17 février 1673,
est un dramaturge auteur de comédies, mais aussi un comédien et chef de troupe
de théâtre français qui s'est illustré au début du règne de Louis XIV.

Issu d'une famille de petite bourgeoisie parisienne (son père occupe la charge de « tapissier du Roi »),
Jean-Baptiste Poquelin se consacre au théâtre à 21 ans après la rencontre de Madeleine et Joseph Béjart
avec qui il fonde « l'Illustre Théâtre » et prend le pseudonyme de Molière.
Après la faillite de la troupe, il quitte Paris et parcourt les différentes provinces de 1645 à 1658
en écrivant ses premières farces (L'ÉtourdiLe Dépit amoureux).







Madeleine de Scudéry,

née au Havre le 15 novembre 1607 et morte à Paris le 2 juin 1701,
est une femme de lettres française.





Nicolas Poussin,

né au hameau de Villers, commune des Andelys, le 15 juin 1594, décédé à Rome le 19 novembre 1665,
est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural.
Depuis 1624, actif aussi en Italie.
Peintre d'histoire, compositions religieuses, mythologiques, à personnages, paysages animés.




à suivre ...



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